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La chasse aux BB phoques

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La chasse aux bébés phoques est de nouveau autorisée

Le gouvernement canadien autorise de nouveau la chasse de 400 000 phoques du Groenland

Le ministère des Pêches et des Océans Canadien a récemment annoncé le quota de chasse au phoque pour cette année : il autorise l'abattage de 400 000 phoques du Groenland, soit autant que l'année dernière. Aucune information officielle n'a pour l'heure été rendue publique concernant le prix et les débouchés commerciaux des peaux de phoque, ni même la date d'ouverture de la chasse.

Chaque année, les blanches étendues glacées de la côte Est du Canada se transforment en bain de sang. C'est parce qu'on y abat brutalement des dizaines de milliers de bébés phoques. Leur fourrure servira à fabriquer des produits de luxe.

Le gouvernement canadien a fixé un quota de chasse de 400 000 phoques du Groenland, 60 000 phoques gris et 8 200 phoques à capuchon pour 2015.

Heureusement, selon IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux), rares seront, cette année encore, ceux qui iront chasser[1]. 35 pays ont déjà interdit l'importation de produits dérivés du phoque dont l'UE, la Russie et les Etats-Unis. Conséquence : la demande pour les peaux de phoques s'est effondrée. Sa coûteuse campagne de communication n'aura pas permis au gouvernement canadien de conquérir de nouveaux marchés. De plus, la bataille qu'il a menée à grands frais à l'OMC contre l'interdiction de la vente des produits dérivés du phoque dans l'UE s'est soldée par un échec définitif en mai 2014.

« La chasse aux phoques est vouée à disparaître. Depuis 20 ans, elle ne doit sa survie qu'aux subventions de l'État[2]. Il n'existe plus aucun marché pour les produits issus de cette chasse aussi cruelle qu'inutile », tranche Céline Sissler-Bienvenu, Directrice d'IFAW France. « La question est simplement de savoir si le gouvernement canadien est enfin prêt à regarder la réalité en face et à trouver des alternatives économiques pour les chasseurs, ou s'il préfère continuer d'agir comme si ce secteur économique avait un avenir. In fine, seule l'opinion des électeurs de la région lui importe vraiment. »

Pourtant, le gouvernement, les chasseurs et les groupes de pression ont tenté de trouver de nouveaux débouchés pour les produits dérivés du phoque, depuis le carburant jusqu'au salami, en vain. Les données officielles sont formelles : en dépit d'une politique d'« utilisation maximale », plus de 90 % du corps des animaux chassés est mis au rebus, la fourrure constituant en fait le seul élément exploitable. Le secteur de la chasse aux phoques est sur le déclin depuis 2006 malgré les dizaines de millions d'euros injectées sous forme de subventions.

En raison de la demande insuffisante, le quota est loin d'avoir été atteint l'année dernière, puisque l'on dénombre 59 318 phoques abattus en 2014 contre 97 918 phoques l'année précédente.
Pourquoi la chasse aux phoques est-elle cruelle ?

Il est difficile de décrire à quel point la chasse commerciale aux phoques est une pratique cruelle. On donne priorité à la vitesse et aux profits dans un environnement imprévisible, ce qui fait qu'il est pratiquement impossible de faire un abattage humanitaire, sans cruauté.

À chaque printemps, sur la côte Est du Canada, des chasseurs montent dans leur bateau, sur une mer dangereuse ou à travers des banquises mouvantes, et ils s'affairent à tuer le plus de bébés phoques possible, le plus rapidement possible. Les chasseurs abattent les phoques – la plupart trop jeunes pour s'échapper – avec un fusil ou à l'aide d'un gourdin de bois muni d'un crochet, appelé hakapik.

Le gouvernement canadien compare l'abattage des phoques dans le cadre de la chasse commerciale à l'abattage des animaux de boucherie. En réalité, il s'agit de deux choses très différentes parce que, contrairement à l'environnement bien encadré des abattoirs, la chasse a lieu dans un environnement imprévisible et incontrôlable. Il est impossible d'y faire un abattage systématiquement sans cruauté.
Ainsi, le pourcentage de phoques blessés est bien trop élevé.
 À partir d'embarcations en mouvement, on tire au fusil sur des phoques qui tentent de s'enfuir. Ou bien on poursuit les phoques en courant sur la glace et en les frappant à coups d'hakapik. Dans les deux cas, il est peu probable qu'on puisse donner la mort du premier coup. Les phoques demeurent alors sur la glace blessés, terrifiés, souffrants, en état de détresse. Il arrive aussi que les phoques blessés s'échappent avant d'être retrouvés par les chasseurs.

Le Règlement sur les mammifères marins n'impose pas de normes pour un abattage sans cruauté. Les pratiques de chasses actuellement admises donnent libre cours à des gestes particulièrement cruels : des phoques vivants et conscients sont empalés sur des crochets de métal, on fait feu sur des phoques qui sont dans l'eau (et non sur la glace), on tire sur plusieurs animaux avant de s'en approcher pour vérifier s'ils sont inconscients, on laisse souffrir des phoques blessés sur la glace, on ne saigne pas l'animal immédiatement après avoir vérifié qu'il est inconscient. En fait, les normes reconnues pour réaliser des abattages sans cruauté ne sont ni requises par la loi, ni mises en application.

Il est impossible de faire une surveillance efficace. Depuis plus de 40 ans, les observations sur le terrain révèlent qu'il est, de toutes façons, pratiquement impossible d'appliquer la réglementation. Les bateaux sont éparpillés sur des centaines de milliers de kilomètres carrés et ils naviguent à des centaines, voire des milliers, de kilomètres les uns des autres. Avec seulement quelques navires de surveillance pour un si vaste territoire, la tâche est impossible.
Bientôt la fin de la chasse commerciale aux phoques ?

Dans les années 1980, l'Europe a interdit l'importation de peaux provenant des blanchons de phoques du Groenland et de dos bleus (le nom qu'on donne aux phoques à capuchons nouveau-nés).

À la fin des années 1990, malgré les fortes pressions internationales, le gouvernement canadien a dépensé des millions de dollars pour promouvoir l'abattage des phoques du Groenland, et il a même augmenté les quotas de chasse.

Le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne ont interdit le commerce des produits du phoque provenant de la chasse commerciale. Cette interdiction, entrée en vigueur en août 2010, constitue une victoire majeure pour mettre fin à une pratique cruelle et inutile. L'interdiction vise l'importation, l'exportation et la vente sur le territoire de l'Union européenne de tout produit provenant de phoques du Groenland ou de phoques à capuchons abattus dans le cadre de la chasse commerciale.

Autre victoire importante, à l'automne 2011, l'Union douanière Russie - Bélarus - Kazakhstan a interdit l'importation et l'exportation des peaux de phoques du Groenland. Selon le gouvernement canadien, la Russie importait 90 % des peaux de phoques du Canada.

À l'heure actuelle, la chasse commerciale rapporte moins que ce qu'il en coûte pour la soutenir. Année après année, le nombre de chasseurs actifs diminue. Bref, l'industrie est en déclin constant.

Soulignons enfin qu'IFAW ne s'oppose pas à la chasse aux phoques à des fins de subsistance telle que pratiquée par les peuples aborigènes. IFAW ne s'oppose pas non plus à la chasse « à des fins personnelles » des phoques de l'Atlantique canadien, qui autorise les pêcheurs à tuer jusqu'à six phoques par an pour une utilisation non commerciale.
Notes

    Le nombre de chasseurs participant chaque saison de chasse chute à mesure qu'ils se tournent vers d'autres sources de revenus. En 2006, ils étaient environ 5 594, contre 2 964 deux années plus tard et seulement 393 en 2014.
    L'abandon des subventions pourrait permettre au gouvernement canadien d'économiser au moins 5 millions d'euros par an. De plus, le Canada aurait déboursé quelque 7 millions d'euros d'argent public pour contester l'embargo européen sur les produits issus du phoque devant l'OMC.

Liens

Phoque du Groenland et phoque à capuchon pour la flottille sous régime de chasse compétitive des régions de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, du Golfe et des Maritimes - Gouvernement du Canada
Auteur

Fonds International pour la Protection des Animaux.


Pétitions contre le massacre des bébés phoques 

Cliquer sur les 4 liens ci-dessous pour multiplier les chances. Merci.

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